Le 02 juil.
→ Veynes
· Quai des arts, 2 avenue des Martyrs
Une histoire... ni invraissemblable... ni vraie... mais vraiment... un drôle de drame
C'est sur ces mots que s'est faite en 1937 la promotion d'un film boudé à sa sortie, par la suite reconnu comme un des chefs d'œuvre du cinéma français d'avant-guerre.
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Ciné mon Mardi : DROLE DE DRAME_Veynes
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Drôle de drame est de fait un drôle de film, qui ne se prend pas au sérieux tout en étant parfaitement maitrisé, qui ressemble à une longue partie de chamboule-tout dans laquelle personne ne reste à sa place, chacun confondant tout le monde en croyant tromper tous les autres. Les répliques fusent, les situations burlesques s'enchaînent et en une heure et demie, on fait fructifier son capital rire, on cultive sa bonne humeur, on peut éventuellement attraper une légère inflammation des zygomatiques.
Pour commencer
Londres, vers 1900. Le très sérieux professeur de botanique Irwin Molyneux écrit, sous le pseudonyme de Félix Chapel, des romans policiers vertement condamnés par l'évêque de Bedford, Archibald Soper, accessoirement son cousin. Mais l'évêque ne sait rien de la double identité de Molyneux. Invité à dîner par le couple, Archibald trouve très « bizarre » que Margaret, l'épouse de son cousin soit absente. « Bizarre ! », dit-il. Il en conçoit même quelques soupçons à l'égard de Molyneux.
Allons plus loin
Drôle de drame est une comédie qui marie, en une suite de quiproquos jubilatoires, des histoires de crime, de disparition et de mœurs légères, desquelles la poésie n'est jamais absente. Difficilement résumable, l'intrigue se déroule dans les milieux bourgeois de l'époque victorienne, et réunit un botaniste, Michel Simon, son épouse Margaret, Françoise Rosay et leur cousin l'évêque, Louis Jouvet, personnages ni moins loufoques, ni moins délirants que William Kramps, Jean-Louis Barrault, tueur de bouchers, accessoirement amoureux transi.
Mélange d'humour à l'anglaise (le nonsense britannique), de vaudeville à la française et de burlesque à l'américaine, Drôle de drame est aussi un alliage subtil d'humour et de poésie, loin des pochades dont le cinéma français s'est ensuite contenté. L'humour du film passe encore par sa façon de moquer les travers de la société. Personne n'est épargné, de la bourgeoisie à l'église, en passant par la police ou l'opinion publique. Drôle de drame tape sur tous et sur tout. La morale est visée et le propos dénonce allégrement l'hypocrisie d'une société qui ne se veut morale qu'en façade.
Marcel Carné rappelle dans ses mémoires que le tournage se passa dans la bonne humeur et les fous rires, à tel point qu'avait été installée une © dans laquelle celui qui riait pendant une prise devait mettre une pièce. Mais il y avait aussi cette fameuse tension entre Louis Jouvet et Michel Simon qui, eux, se détestaient copieusement. Il est impossible de ne pas revenir sur les circonstances dans lesquelles a été tournée la fameuse scène du « Bizarre... Bizarre. » Chacun avait fait le pari de saoûler l'autre. Pari évidemment réussi, les deux acteurs passant la journée assis, à tourner les prises avec du vrai champagne. À la fin de la journée, chacun titubait et Jouvet alla tout de même jouer au théâtre une pièce dans laquelle Marcel Carné raconte qu'il fut excellent.
Drôle de drame n'est pas seulement une accumulation de gags loufoques et décapants, c'est aussi une histoire où les personnages ne sont pas ce qu'ils sont censés être : le botaniste est doublé d'un auteur de romans policiers, l'évêque, père de douze enfants, entretient une maîtresse, artiste de music-hall… Différents sont quelque peu le laitier Billy, Jean-Pierre Aumont et la secrétaire Eva, Nadine Vogel, les deux seules personnes qui semblent être saines d'esprit, les deux amoureux en fait. Billy va passer tout le film à convaincre Eva de l'aimer, pour une amourette qui se transformera en amour, l'amour rempart contre le monde.
Aujourd'hui reconnu comme l'un des chefs d'oeuvre du cinéma français d'avant-guerre, le film réunit une palette de talents exceptionnelle. Louis Jouvet, Michel Simon, Françoise Rosay ou Jean-Louis Barrault, aujourd'hui quelque peu oubliés, ont été les têtes d'affiches des cinémas comme des théâtres pendant des décennies. Marcel Carné et Jacques Prévert travaillaient ensemble pour la deuxième fois, une collaboration qui allait se révéler fructueuse. Suivirent Le Quai des brumes (1938), Le Jour se lève (1939), Les Visiteurs du soir (1942), Les Enfants du paradis (1945).
D'après Le Festival Lumière, DVD Classik, Le Bleu du miroir
DRÔLE DE DRAME
La séance sera suivie d'un temps d'échanges dans le hall autour d'un verre offert par l'association.
jeudi 2 juillet à 20h30
Cinéma d'Art et Essai Les Variétés
2, avenue des Martyrs à Veynes
Pour commencer
Londres, vers 1900. Le très sérieux professeur de botanique Irwin Molyneux écrit, sous le pseudonyme de Félix Chapel, des romans policiers vertement condamnés par l'évêque de Bedford, Archibald Soper, accessoirement son cousin. Mais l'évêque ne sait rien de la double identité de Molyneux. Invité à dîner par le couple, Archibald trouve très « bizarre » que Margaret, l'épouse de son cousin soit absente. « Bizarre ! », dit-il. Il en conçoit même quelques soupçons à l'égard de Molyneux.
Allons plus loin
Drôle de drame est une comédie qui marie, en une suite de quiproquos jubilatoires, des histoires de crime, de disparition et de mœurs légères, desquelles la poésie n'est jamais absente. Difficilement résumable, l'intrigue se déroule dans les milieux bourgeois de l'époque victorienne, et réunit un botaniste, Michel Simon, son épouse Margaret, Françoise Rosay et leur cousin l'évêque, Louis Jouvet, personnages ni moins loufoques, ni moins délirants que William Kramps, Jean-Louis Barrault, tueur de bouchers, accessoirement amoureux transi.
Mélange d'humour à l'anglaise (le nonsense britannique), de vaudeville à la française et de burlesque à l'américaine, Drôle de drame est aussi un alliage subtil d'humour et de poésie, loin des pochades dont le cinéma français s'est ensuite contenté. L'humour du film passe encore par sa façon de moquer les travers de la société. Personne n'est épargné, de la bourgeoisie à l'église, en passant par la police ou l'opinion publique. Drôle de drame tape sur tous et sur tout. La morale est visée et le propos dénonce allégrement l'hypocrisie d'une société qui ne se veut morale qu'en façade.
Marcel Carné rappelle dans ses mémoires que le tournage se passa dans la bonne humeur et les fous rires, à tel point qu'avait été installée une © dans laquelle celui qui riait pendant une prise devait mettre une pièce. Mais il y avait aussi cette fameuse tension entre Louis Jouvet et Michel Simon qui, eux, se détestaient copieusement. Il est impossible de ne pas revenir sur les circonstances dans lesquelles a été tournée la fameuse scène du « Bizarre... Bizarre. » Chacun avait fait le pari de saoûler l'autre. Pari évidemment réussi, les deux acteurs passant la journée assis, à tourner les prises avec du vrai champagne. À la fin de la journée, chacun titubait et Jouvet alla tout de même jouer au théâtre une pièce dans laquelle Marcel Carné raconte qu'il fut excellent.
Drôle de drame n'est pas seulement une accumulation de gags loufoques et décapants, c'est aussi une histoire où les personnages ne sont pas ce qu'ils sont censés être : le botaniste est doublé d'un auteur de romans policiers, l'évêque, père de douze enfants, entretient une maîtresse, artiste de music-hall… Différents sont quelque peu le laitier Billy, Jean-Pierre Aumont et la secrétaire Eva, Nadine Vogel, les deux seules personnes qui semblent être saines d'esprit, les deux amoureux en fait. Billy va passer tout le film à convaincre Eva de l'aimer, pour une amourette qui se transformera en amour, l'amour rempart contre le monde.
Aujourd'hui reconnu comme l'un des chefs d'oeuvre du cinéma français d'avant-guerre, le film réunit une palette de talents exceptionnelle. Louis Jouvet, Michel Simon, Françoise Rosay ou Jean-Louis Barrault, aujourd'hui quelque peu oubliés, ont été les têtes d'affiches des cinémas comme des théâtres pendant des décennies. Marcel Carné et Jacques Prévert travaillaient ensemble pour la deuxième fois, une collaboration qui allait se révéler fructueuse. Suivirent Le Quai des brumes (1938), Le Jour se lève (1939), Les Visiteurs du soir (1942), Les Enfants du paradis (1945).
D'après Le Festival Lumière, DVD Classik, Le Bleu du miroir
DRÔLE DE DRAME
La séance sera suivie d'un temps d'échanges dans le hall autour d'un verre offert par l'association.
jeudi 2 juillet à 20h30
Cinéma d'Art et Essai Les Variétés
2, avenue des Martyrs à Veynes
Plein tarif : 5 €
Tarif réduit : 3,50 € (étudiants, chômeurs, moins de 16 ans)
Cotisation annuelle à l'association Ciné mon Mardi : montant libre et conscient, à partir de 10€
Tarif réduit : 3,50 € (étudiants, chômeurs, moins de 16 ans)
Cotisation annuelle à l'association Ciné mon Mardi : montant libre et conscient, à partir de 10€
Gratuit
Non
Jeudi 2 juillet 2026 à partir de 20h30.



