Le 13 oct.
→ Veynes
· Quai des arts, 2 avenue des Martyrs
Légitimement récompensé à Cannes par le Prix du scénario, Notre salut marque une étape dans la manière de faire un film historique. Le film d'Emmanuel Marre nous fait vivre l'Histoire au présent.
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Ciné mon Mardi : DROLE DE DRAME_Veynes
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Bonjour à vous, spectateurs de Ciné mon Mardi, fidèles ou occasionnels, cinéphiles chevronnés ou amateurs avertis d'un cinéma de qualité,
Légitimement récompensé à Cannes par le Prix du scénario, Notre salut marque une étape dans la manière de faire un film historique. Le film d'Emmanuel Marre nous fait vivre l'Histoire au présent. Pas de reconstitution soignée ici mais des décors authentiques dans leur état actuel ; des musiques de l'époque mais aussi des années 70-80 ; un français parlé d'aujourd'hui ; un ensemble d'anachronismes alliés à une mise en scène qui crée un rapport palpable au présent.
Une œuvre qui nous alerte sur les résonances actuelles du passé. Swann Arlaud s'en fait volontiers le messager comme il le dit dans un entretien aux Cahiers du cinéma ::« Notre salut n'attaque personne, mais il montre ce qui arrive dans le quotidien quand on vit sous un régime autoritaire. Cette dimension politique était fondamentale : montrer ce qui se cache derrière un certain vocabulaire qui revient, et l'extrême-droitisation de la droite et du centre, les ministres donneurs de leçon, alors qu'ils sont impliqués dans des affaires de corruption. » ...
Pour commencer
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, loin de sa femme et ses enfants, pour trouver dans la nouvelle administration le poste qu'il croit mériter.
Dans sa valise, son livre, Notre salut, où il défend ses convictions patriotiques et expose ses méthodes d'ingénieur pour « gagner en efficacité » et relever la France de la débâcle...
Allons plus loin
Le personnage principal de Notre salut, Henri Marre (construit à partir de l'arrière-grand-père du réalisateur Emmanuel Marre), arrive à Vichy en quête d'un emploi, à sa mesure espère-t-il, alors que nombreux sont les candidats à un travail dans les nouveaux ministères. Sincèrement convaincu de la validité de sa vision du monde, il parvient, tant bien que mal, à se faire recruter au CLC, le nouveau Commissariat à la Lutte contre le Chômage.
Emmanuel Marre : « Mon aïeul a confondu son sort personnel avec celui du pays. Il a vu dans le régime de Vichy, après la défaite (mai-juin 1940), un moyen de " redresser " quelque chose, à l'échelle de la France mais aussi en lui-même. »
Sans être un pro-pétainiste fervent, Henri Marre (Swann Arlaud) n'en est pas moins opportuniste, à la hauteur de ses frustrations passées. Sous les allures d'un homme courtois, mesuré et réfléchi, il va être amené à prendre des mesures dont il ne semble pas réaliser, du moins au début, qu'elles sont au service de la pire des politiques totalitaires et génocidaires. C'est ainsi que sa tâche consistera à mettre « les Français au travail » mais dans des conditions tragiquement comptables. C'est ainsi qu'il sera amené à participer indirectement au « ramassage des israélites », ce qui a pour vrai nom une rafle !
Comment un bureaucrate plutôt neutre, sans bienveillance mais sans volonté de nuire, est pris dans l'engrenage et devient compatible avec un système criminel, comment certains n'ont pas besoin d'être poussés longtemps pour se rallier aux pires causes, c'est ce que montre le film d'Emmanuel Marre. Vichy ne fut pas seulement une accumulation de lâchetés individuelles ou de carrières ratées ou avortées, c'était un projet idéologique structuré, profondément antisémite, paternaliste et réactionnaire. Notre salut est le portrait en mouvement d'un collabo, un salaud ordinaire, mais aussi celui d'une époque. Et la présence de la caméra, toujours sensible, nous rappelle sans cesse à notre devoir de spectateur actif, participant d'un récit au présent d'une Histoire passée, dont on sait que souvent elle se répète.
Notre salut se rythme autour de séquences de la vie quotidienne de Henri, que ce soit le recrutement d'une secrétaire, une réunion sur la politique managériale du CLC, une soirée avec le Préfet ou un repas en famille.
Dès le début et tout le long du film, on entend en voix off la correspondance entre Henri et sa femme Paulette (Sandrine Blancke), inspirée des trois cents lettres retrouvées par Emmanuel Marre. Elles racontent une autre histoire, celle d'un amour sacrifié par le petit ego d'un homme aux ambitions presque aussi grandes que son autosuffisance.
Emmanuel Marre : « Dans la vraie vie, c'est lui qui l'a quittée. Je traite donc aussi Paulette comme un personnage de fiction ; et je voulais lui offrir la possibilité de faire ce qu'elle n'a pas pu ou voulu faire, alors qu'elle portait ça en germe comme le démontre sa lucidité sur sa condition. Dans Vers un avenir radieux, il y a ce moment extraordinaire où Nanni Moretti dit : " Ça s'est passé comme ça, mais je ne veux pas que ça se passe comme ça ". Le pouvoir du cinéma, c'est aussi de trouver des endroits où l'on peut rendre ce type de justice. »
L'équipe de Ciné mon Mardi,
d'après Les Cahiers du cinéma, Le bleu du Miroir, Tsounami, Cineuropa, Àvoir Àlire et le dossier de presse
NOTRE SALUT
mardi 13 octobre à 19h30 (en raison de la durée du film, 2h33)
PrésentaTion et échanges animés par Damien Leblanc, critique et journaliste de cinéma, membre du Comité de sélection de la Semaine de la critique (2022/2025)
Légitimement récompensé à Cannes par le Prix du scénario, Notre salut marque une étape dans la manière de faire un film historique. Le film d'Emmanuel Marre nous fait vivre l'Histoire au présent. Pas de reconstitution soignée ici mais des décors authentiques dans leur état actuel ; des musiques de l'époque mais aussi des années 70-80 ; un français parlé d'aujourd'hui ; un ensemble d'anachronismes alliés à une mise en scène qui crée un rapport palpable au présent.
Une œuvre qui nous alerte sur les résonances actuelles du passé. Swann Arlaud s'en fait volontiers le messager comme il le dit dans un entretien aux Cahiers du cinéma ::« Notre salut n'attaque personne, mais il montre ce qui arrive dans le quotidien quand on vit sous un régime autoritaire. Cette dimension politique était fondamentale : montrer ce qui se cache derrière un certain vocabulaire qui revient, et l'extrême-droitisation de la droite et du centre, les ministres donneurs de leçon, alors qu'ils sont impliqués dans des affaires de corruption. » ...
Pour commencer
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, loin de sa femme et ses enfants, pour trouver dans la nouvelle administration le poste qu'il croit mériter.
Dans sa valise, son livre, Notre salut, où il défend ses convictions patriotiques et expose ses méthodes d'ingénieur pour « gagner en efficacité » et relever la France de la débâcle...
Allons plus loin
Le personnage principal de Notre salut, Henri Marre (construit à partir de l'arrière-grand-père du réalisateur Emmanuel Marre), arrive à Vichy en quête d'un emploi, à sa mesure espère-t-il, alors que nombreux sont les candidats à un travail dans les nouveaux ministères. Sincèrement convaincu de la validité de sa vision du monde, il parvient, tant bien que mal, à se faire recruter au CLC, le nouveau Commissariat à la Lutte contre le Chômage.
Emmanuel Marre : « Mon aïeul a confondu son sort personnel avec celui du pays. Il a vu dans le régime de Vichy, après la défaite (mai-juin 1940), un moyen de " redresser " quelque chose, à l'échelle de la France mais aussi en lui-même. »
Sans être un pro-pétainiste fervent, Henri Marre (Swann Arlaud) n'en est pas moins opportuniste, à la hauteur de ses frustrations passées. Sous les allures d'un homme courtois, mesuré et réfléchi, il va être amené à prendre des mesures dont il ne semble pas réaliser, du moins au début, qu'elles sont au service de la pire des politiques totalitaires et génocidaires. C'est ainsi que sa tâche consistera à mettre « les Français au travail » mais dans des conditions tragiquement comptables. C'est ainsi qu'il sera amené à participer indirectement au « ramassage des israélites », ce qui a pour vrai nom une rafle !
Comment un bureaucrate plutôt neutre, sans bienveillance mais sans volonté de nuire, est pris dans l'engrenage et devient compatible avec un système criminel, comment certains n'ont pas besoin d'être poussés longtemps pour se rallier aux pires causes, c'est ce que montre le film d'Emmanuel Marre. Vichy ne fut pas seulement une accumulation de lâchetés individuelles ou de carrières ratées ou avortées, c'était un projet idéologique structuré, profondément antisémite, paternaliste et réactionnaire. Notre salut est le portrait en mouvement d'un collabo, un salaud ordinaire, mais aussi celui d'une époque. Et la présence de la caméra, toujours sensible, nous rappelle sans cesse à notre devoir de spectateur actif, participant d'un récit au présent d'une Histoire passée, dont on sait que souvent elle se répète.
Notre salut se rythme autour de séquences de la vie quotidienne de Henri, que ce soit le recrutement d'une secrétaire, une réunion sur la politique managériale du CLC, une soirée avec le Préfet ou un repas en famille.
Dès le début et tout le long du film, on entend en voix off la correspondance entre Henri et sa femme Paulette (Sandrine Blancke), inspirée des trois cents lettres retrouvées par Emmanuel Marre. Elles racontent une autre histoire, celle d'un amour sacrifié par le petit ego d'un homme aux ambitions presque aussi grandes que son autosuffisance.
Emmanuel Marre : « Dans la vraie vie, c'est lui qui l'a quittée. Je traite donc aussi Paulette comme un personnage de fiction ; et je voulais lui offrir la possibilité de faire ce qu'elle n'a pas pu ou voulu faire, alors qu'elle portait ça en germe comme le démontre sa lucidité sur sa condition. Dans Vers un avenir radieux, il y a ce moment extraordinaire où Nanni Moretti dit : " Ça s'est passé comme ça, mais je ne veux pas que ça se passe comme ça ". Le pouvoir du cinéma, c'est aussi de trouver des endroits où l'on peut rendre ce type de justice. »
L'équipe de Ciné mon Mardi,
d'après Les Cahiers du cinéma, Le bleu du Miroir, Tsounami, Cineuropa, Àvoir Àlire et le dossier de presse
NOTRE SALUT
mardi 13 octobre à 19h30 (en raison de la durée du film, 2h33)
PrésentaTion et échanges animés par Damien Leblanc, critique et journaliste de cinéma, membre du Comité de sélection de la Semaine de la critique (2022/2025)
Plein tarif : 5 €
Tarif réduit : 3,50 € (étudiants, chômeurs, moins de 16 ans)
Cotisation annuelle à l'association Ciné mon Mardi : montant libre et conscient, à partir de 10€
Tarif réduit : 3,50 € (étudiants, chômeurs, moins de 16 ans)
Cotisation annuelle à l'association Ciné mon Mardi : montant libre et conscient, à partir de 10€
Gratuit
Non
Mardi 13 octobre 2026 à partir de 19h30.








